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Nouvelles directives de l’Autorité suisse en matière de cookies : ce que vous devez savoir

Le 3 février 2025, le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) a publié de nouvelles directives sur l’utilisation des cookies en Suisse. Bien que cette décision ne soit pas juridiquement contraignante, elle donne un aperçu de la direction que l’autorité entend prendre et de l’avenir des pratiques en matière de consentement aux cookies dans le pays. 

Fondements juridiques

La réglementation suisse en matière de cookies est principalement régie par deux lois :

  • Loi sur les télécommunications (FMG/TCA) : Oblige les sites web à informer les utilisateurs sur les cookies et à leur proposer une option d’opposition.
  • Loi fédérale sur la protection des données (DSG/LPD) : Entrée en vigueur le 1er septembre 2023, mettant l’accent sur la transparence, la proportionnalité et la justification du traitement des données.
    • Ces lois constituent la base de la position de l’autorité sur les cookies et leur mise en œuvre sur les sites web.

      Consentement et bases juridiques

      Le PFPDT a précisé que si le consentement constitue une base juridique pour le traitement des cookies, les entreprises peuvent également invoquer des intérêts privés prépondérants dans certaines situations. Cette approche diffère des exigences strictes du RGPD de l’UE en matière de consentement.

      Catégories de cookies 

      Les lignes directrices classent les cookies en fonction de leur nécessité :

    • Cookies techniquement nécessaires : Essentiels au bon fonctionnement du site web, notamment pour les fonctionnalités du panier d’achat, la gestion des données utilisateur, l’authentification de connexion, les préférences linguistiques, la durée de téléchargement, les CAPTCHA et l’enregistrement des préférences en matière de consentement aux cookies. Ces cookies sont généralement considérés comme proportionnés et ne nécessitent pas de consentement explicite.
    • Cookies non nécessaires : Utilisés à des fins de suivi, d’analyse et de marketing. Ils doivent être justifiés par des intérêts prépondérants ou un consentement explicite, en particulier lorsqu’il s’agit d’un profilage à haut risque ou d’un traitement de données sensibles.
      • Voici un aperçu des principaux points :

        Consentement vs autres bases juridiques

        L’autorité a précisé que si le consentement constitue une base juridique pour le traitement des cookies, les entreprises peuvent également invoquer des intérêts privés prépondérants dans certaines situations. Il s’agit d’une différence significative par rapport à l’exigence stricte de consentement prévue par le RGPD de l’UE, qui pourrait avoir une incidence sur la manière dont les CMP sont mis en œuvre en Suisse.

        Principaux enseignements : Les CMP peuvent s’adapter à des scénarios où les entreprises s’appuient sur des intérêts privés plutôt que sur le consentement pour des catégories spécifiques de cookies, en particulier les cookies fonctionnels et les analyses de base, bien que cela dépende du contexte.

        Le blocage préalable n’est pas toujours nécessaire

        Les lignes directrices indiquent que dans certains cas, le blocage préalable des cookies peut ne pas être nécessaire, en particulier pour les cookies jugés essentiels, tels que les cookies fonctionnels ou d’analyse de base. Cela pourrait permettre aux entreprises opérant en Suisse de bénéficier d’une certaine souplesse dans la mise en œuvre.

        Principaux enseignements : Les entreprises doivent évaluer le type de cookies qu’elles utilisent et déterminer si un blocage préalable est nécessaire, en gardant à l’esprit que les lignes directrices proposent une approche plus souple que les normes de l’UE. 

        Mécanisme d’opposition et de retrait

        Les lignes directrices indiquent clairement que les entreprises doivent fournir aux utilisateurs un moyen facile de retirer leur consentement ou d’exercer leur droit d’opposition. En droit suisse, le principe d’opposition est fondamental, ce qui signifie que l’acceptation préalable ne supplante pas le droit à l’opposition. La réglementation suisse se distingue de celle de l’UE et garantit le respect permanent des exigences en matière de protection de la vie privée.

        Principaux enseignements : Veillez à ce que votre CMP offre un mécanisme intuitif et accessible permettant aux utilisateurs de retirer leur consentement, de s’opposer ou d’ajuster leurs préférences en matière de cookies à tout moment.

        Interdiction des dark patterns

        L’autorité suisse suit les lignes directrices de l’UE en interdisant les « dark patterns », c’est-à-dire les conceptions manipulatrices qui incitent les utilisateurs à consentir au traitement de leurs données. Les CMP doivent être conçues de manière transparente et simple, en évitant les tactiques confuses ou coercitives.

        Principaux enseignements : Lors de la conception de votre CMP, évitez d’utiliser un langage trompeur ou des conceptions qui pourraient pousser les utilisateurs à accepter les cookies. 

        Éléments à prendre en compte concernant l’interface utilisateur des CMP

        Les lignes directrices ne s’attardent pas sur les spécificités de la conception de l’interface utilisateur des CMP, mais soulignent que toute solution doit s’aligner sur ces principes. Les entreprises disposent d’une certaine souplesse dans la mise en œuvre des CMP, mais elles doivent garantir le respect des principes généraux de transparence, de simplicité et de contrôle par l’utilisateur.

        Que doivent faire les entreprises ensuite ? 

        Si les lignes directrices de l’autorité suisse offrent une plus grande souplesse dans la mise en œuvre des CMP, il est essentiel de rappeler qu’elles ne sont pas contraignantes. Les lignes directrices étant désormais disponibles, le moment est venu pour les entreprises d’envisager la mise en œuvre d’une CMP.

        Pour s’aligner sur les lignes directrices du PFPDT, les entreprises doivent :

      • Évaluer l’utilisation des cookies : Déterminez quels cookies sont nécessaires et lesquels requièrent un consentement ou une justification.
      • Optimiser les CMP : Veillez à ce que les CMP tiennent compte des scénarios où des intérêts privés prépondérants constituent la base juridique et offrent des options d’opposition claires.
      • Éviter les dark patterns : Concevez des bandeaux cookies qui privilégient le choix de l’utilisateur et la transparence.
      • Fournir des mécanismes de retrait : Autorisez les utilisateurs à retirer facilement leur consentement, à s’opposer ou à ajuster leurs préférences en matière de cookies à tout moment.
      • Les entreprises restent autonomes dans leur approche de la gestion du consentement aux cookies et doivent se tenir informées de l’évolution de la réglementation pour garantir la conformité et conserver la confiance des utilisateurs.